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Ces Congolais qui votent N-VA
Date: 04.01.2012  |  Source: lalibre.be

Parmi les manifestations organisées en Belgique en 2011, la plus extravagante fut sans doute celle des Congolais de Belgique à Anvers pour protester contre la réélection du président Kabila. Leurs critiques à l’égard du pouvoir à Kinshasa, formulées dans un néerlandais parfumé d’un charmant accent kinois, ont été suivies de vibrants "Vive la Flandre!". Les lions flamands et les photos de Bart De Wever ont fait comprendre qu’ils pensent que la N-VA est leur meilleure alliée dans la lutte pour instaurer la démocratie dans leur pays.

Pour ces Congolais, le fait de parler le français en Afrique ne peut en aucun cas servir d’excuse à des pratiques antidémocratiques. On a assisté il y a quelques années à une polémique virulente sur ce thème entre Karel De Gucht, partisan d’une attitude très ferme à l’égard de Kinshasa, et des responsables politiques francophones, dont Louis et Charles Michel, qui se montraient, au nom d’un pragmatisme diplomatique, bien plus indulgents à l’égard des dirigeants de l’ex-colonie belge. La manifestation des Congolais de Belgique démontre de façon quelque peu surréaliste que les raisons de devenir adepte de la N-VA ne sont pas toujours rationnelles: ce parti n’a jamais pris clairement position sur l’avenir de nos relations avec le Congo.

L’exemple confirme les conclusions de plusieurs politicologues: l’électorat de la N-VA se compose, en grande partie, de protestataires qui ne s’intéressent pas vraiment au programme politique. En brandissant la photo de Bart De Wever, les Congolais de Belgique incarnent bizarrement l’esprit politique qui a envahi la Flandre, notamment la contestation de la politique classique jugée trop opportuniste. Si on veut calmer ce courant contestataire, seule la concrétisation des accords institutionnels dans leur intégralité pourra convaincre l’opinion publique flamande du bien-fondé du compromis accepté par le CD&V. Et seul un assainissement budgétaire crédible pourra sauver l’Open VLD du rouleau compresseur d’une N-VA qui s’inspire des idées réactionnaires de Theodore Dalrymple et défend sans scrupules les utilisateurs d’une Audi 6 ou d’une BMW 5.

Certains responsables politiques francophones semblent avoir enfin compris ce qui anime les contestataires flamands. C’est toutefois ce qu’on peut déduire dans l’intention affichée du monde politique francophone de "secourir les partis flamands au sein du gouvernement fédéral". La presse flamande a déjà traduit le message: le gouvernement Di Rupo est fondé sur la peur commune de la N-VA. Le Sud du pays ferait toutefois bien de s’interroger si, sur le plan de la stratégie de communication, il est très intelligent de répéter à l’envi qu’on va venir en aide des partis flamands. Les Flamands ont tendance à faire bloc derrière celui qui est seul contre tous. L’insistance des secouristes francophones n’est pas vraiment utile alors que la N-VA s’est mise hors jeu au niveau fédéral et que le ton médiatique à son égard est très critique. En désignant l’ex-sénateur CD&V Pol Van Den Driessche comme tête de liste aux élections communales à Bruges, la N-VA a perdu, selon plus d’un observateur, sa virginité politique. La croissance trop rapide du parti oblige Bart De Wever à chercher des figures politiques tous azimuts. Mais ses renforts comme Siegfried Bracke (considéré avant comme adepte du SP.A), Ludo Van Campenhout (ex Open VLD anversois) et Van Den Driessche (ex-Volksunie passé ensuite au CD&V), sont entourés d’un parfum d’opportunisme. Si la N-VA devient un parti comme les autres, sa position "anti-Establishment" en serait minée. C’est probablement son talon d’Achille.

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